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ÉDITION JANVIER 2007


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Alphabétisme et minorités de langue officielle
Un portrait sommaire

Une nouvelle étude a analysé les données tirées de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes de 2003 (EIACA). Les francophones ont affiché un niveau d’alphabétisme plus élevé grâce aux meilleurs résultats des francophones de l’Ontario. Les anglophones, pour leur part, ont continué de mieux réussir les tests d’alphabétisme que les francophones.

En Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba, les personnes de langue maternelle française sont minoritaires. Elles comptent pour près de 75 p. 100 de l’ensemble des francophones à l’extérieur du Québec. Leur niveau d’alphabétisme est inférieur à celui des anglophones.

À l’échelle nationale, 42 p. 100 de la population de 16 à 65 ans n’a pas atteint le niveau 3 sur l’échelle des textes suivis, soit 39 p. 100 chez les anglophones et 56 p. 100 chez les francophones. Le plus grand écart appartient au Nouveau-Brunswick, où l’on n’observe aucune amélioration significative.

L’étude montre que des facteurs sociohistoriques et culturels sont largement responsables des faibles résultats chez les francophones. Par exemple :

  • les personnes âgées francophones sont moins scolarisées que leurs homologues anglophones;
  • les francophones n’ont pas acquis de fréquentes habitudes de lecture au quotidien comparativement aux anglophones, et ce, pour un niveau de scolarité et de revenu semblable.

Les jeunes de 16 à 24 ans des deux groupes font eux aussi face à des problèmes de faible alphabétisme, même s’il n’y a presque pas d’écart entre les deux groupes.

D’une province à l’autre
Le Nouveau-Brunswick affiche le plus grand écart entre les deux groupes linguistiques. En effet, 66 p. 100 des francophones n’ont pas atteint le niveau 3 de l’échelle des textes suivis comparativement à 51 p. 100 chez les anglophones.

En Ontario, 55 p. 100 des francophones et 42 p. 100 des anglophones se sont classés aux deux premiers niveaux. Au Manitoba, les proportions étaient de 53 p. 100 chez les francophones et de 37 p. 100 chez les anglophones.

Des changements sociaux et politiques importants ont rendu l’éducation plus accessible et la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à l’âge 16 ans. Ces changements ont largement contribué à améliorer le niveau d’alphabétisme des francophones.

Chez les jeunes de 16 à 24 ans, 19 000 d’entre eux en Ontario et 13 000 au Nouveau-Brunswick n’ont pas réussi à atteindre le niveau 3 sur l’échelle combinée des textes suivis et schématiques.

Selon l’étude, plus l’âge augmente, plus l’écart s’accroît entre les francophones et les anglophones.

Les habitudes de lecture des deux groupes
Pour des niveaux de scolarité et de revenu semblables, les francophones n’ont pas acquis les mêmes habitudes de lecture que les anglophones. Ils sont moins portés à fréquenter les bibliothèques ou les librairies et ne possèdent pas beaucoup de livres à la maison. Chez les francophones, le contexte culturel et économique n’a pas favorisé la valorisation de la lecture et des livres.

Au Québec et dans les autres provinces, seulement 35 p. 100 des francophones disent lire des livres chaque semaine, tandis que près de 50 p. 100 des anglophones le font au moins une fois par semaine.

Au Nouveau-Brunswick, moins de 33 p. 100 des francophones lisent des livres chaque semaine et près de 60 p. 100 n’en lisent jamais ou n’en lisent que rarement.

Un grand défi pour les minorités francophones
L’alphabétisation en français devient donc un grand défi pour les minorités francophones. À l’extérieur du Québec, les deux tiers des francophones ont choisi de faire le test de l’enquête en anglais. Parmi eux, 61 p. 100 ont indiqué qu’ils parlaient le plus souvent en anglais à la maison.

Au Nouveau-Brunswick, 35 p. 100 des francophones ont fait le test en anglais. Le pourcentage passe à  63 p. 100 en Ontario et à 85 p. 100 au Manitoba. Une forte proportion d’entre eux ont indiqué qu’ils ont une bonne ou une très bonne capacité de parler ou de lire en français, mais qu’ils privilégient l’anglais dans leur rapport avec l’écrit.

Malgré un réel progrès dans la scolarisation des francophones, le résultat de cette étude ramène à l’avant-plan le défi important que doivent relever les communautés francophones en milieu minoritaire. Pour leur survie, elles doivent plus que jamais miser sur le développement et le maintien de l’éveil à l’écrit en français.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le rapport complet de l’étude intitulé « Le volet canadien de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes de 2003 : état de la situation chez les minorités de langue officielle » (80-552-MIF2006015, gratuit) sur le site Internet de Statistique Canada à partir de la rubrique « Publications » dans le menu de gauche.

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Jean-Pierre Corbeil, responsable de la section des statistiques linguistiques pour Statistique Canada et auteur du projet.

Jean-Pierre Corbeil
Analyste principal de la population
Projets spéciaux
Statistique Canada
Pré Tunney, Édifice principal
120, avenue Parkdale, pièce 1708
Ottawa (Ontario)  K1A 0T6
Téléphone : 613-951-2315
Télécopieur : 613-951-2307

Adresse de courriel : corbjea@statcan.ca

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