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ÉDITION FÉVRIER 2007


RECHERCHE

État de l’apprentissage au Canada : Pas le temps de s’illusionner

Ce rapport fait état des nombreux facteurs qui influencent l’apprentissage depuis la petite enfance jusqu’à l’âge adulte. Il s’attarde surtout sur le lien entre la santé et l’apprentissage et sur les défis que le Canada aura à relever à l’avenir.

L’apprentissage chez les jeunes enfants

Ce chapitre du rapport étudie des comptes rendus de recherche sur l’apprentissage et le développement des jeunes enfants, notamment sur les facteurs qui ont une incidence sur la santé, l’apprentissage, le développement social et les soins qu’on leur procure. On y fait mention de données démographiques : le Canada compte plus de 2 millions d’enfants de moins de six ans. Et, par rapport à l’ensemble de la population, la proportion d’enfants de cet âge a diminué, passant de 9 % en 1975 à 6 % en 2006.

Les indicateurs de l’apprentissage chez les enfants d’âge préscolaire

Les données relevées dans les recherches à l’échelle régionale et provinciale offrent une foule de renseignements utiles, mais ne dressent pas un tableau pancanadien complet. Elles ont été classées en six indicateurs de l’apprentissage chez le jeune enfant. En voici un résumé.

  • Le poids à la naissance – Un bébé de moins de 2,5 kg (5,5 livres) à la naissance a plus de risques de subir un retard dans son apprentissage et son développement. Depuis 25 ans, on note une constante : 6 % des bébés canadiens naissent avec un poids insuffisant.
  • Le développement physique et le mouvement – Chez près de 90 % des enfants canadiens de quatre et cinq ans, la motricité fine et globale est égale ou supérieure à la moyenne. Toutefois, chez 14 % des garçons et 9 % des filles, le développement de la motricité fine accuse un retard; la motricité fine est l’habileté nécessaire pour, entre autres,  tenir un crayon et tourner les pages.
  • Le développement cognitif – Le développement cognitif est de niveau moyen ou avancé chez la plupart des enfants canadiens. Cependant, 21 % des enfants de quatre et cinq ans de familles à faible revenu ont moins bien réussi des tests de copie et de compréhension de symboles que les enfants issus d’autres milieux (13 %).
  • L’acquisition du langage et des compétences en communication – Depuis 1994-1995, la majorité des enfants évalués ont une compréhension moyenne ou élevée des mots à l’oral. Ici aussi, les enfants de familles à faible revenu accusent un retard dans l’acquisition du vocabulaire dans une proportion de plus de 25 %. Les garçons (14 %) sont plus nombreux que les filles (8 %) à avoir du retard dans l’acquisition du langage. De plus en plus de parents font la lecture au quotidien à leurs enfants d’âge préscolaire, sauf dans les familles à faible revenu, où ils font la lecture à leurs enfants de façon moins régulière.
  • Le développement affectif et social – Chez les tout-petits, les garçons sont plus nombreux à manifester de l’agressivité physique que les filles. Celles-ci utilisent surtout l’agressivité indirecte.
  • L’éducation et les soins de la petite enfance – En 2002-2003, plus de la moitié des enfants canadiens âgés de six mois à cinq ans (53 %) étaient confiés aux soins d’autres personnes que les parents. Moins de la moitié des enfants canadiens de six ans et moins (43 %) ont participé à des activités organisées. En 2004, le Canada a consacré une infime partie (0,25 %) de son produit intérieur brut à des services pour la petite enfance, y compris les services de garde pour les six ans et moins. Des études révèlent que les enfants privés de soins ont un quotient intellectuel plus faible à l’âge de quatre ans que les enfants qui grandissent dans une famille attentionnée. Cette différence dans le fonctionnement du cerveau est encore présente même après sept ans de vie avec des parents adoptifs. Les résultats d’une recherche menée sur des animaux démontrent qu’il existe un lien étroit entre les soins donnés à la petite enfance et la capacité future de réfléchir et d’apprendre; un stress intense vécu tôt dans la vie peut entraîner des lésions cérébrales.

Les attitudes de la population canadienne à l’égard de l’apprentissage des jeunes enfants
D’après une étude commandée en 2006 par le Conseil canadien sur l’apprentissage, la population canadienne estime ce qui suit :

  • l’apprentissage à toutes les étapes de la vie s’avère essentiel à la réussite;
  • l’apprentissage chez les jeunes enfants devrait porter davantage sur les attitudes (par exemple, favoriser un état d’esprit positif par rapport à l’apprentissage au lieu de miser seulement sur la préparation à l’école).

Les conclusions du rapport

Le rapport conclut que, même si la plupart des enfants canadiens naissent en bonne santé et qu’ils se développent bien, bon nombre n’ont pas cette chance. En fait, un enfant sur quatre aborde sa première année scolaire avec des troubles d’apprentissage ou de comportement. Son futur succès scolaire et sa réussite dans la vie en souffriront. Le Canada doit redresser ces injustices afin de maintenir un niveau satisfaisant de bien-être social et de prospérité économique.
           
Les recherches menées jusqu’à maintenant ne révèlent pas tout ce qu’il serait utile de savoir, y compris comment le Canada se compare à d’autres pays. Le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les jeunes enfants du Conseil canadien sur l’apprentissage multipliera ses efforts dans ce domaine. D’une part, il encouragera l’utilisation d’indicateurs additionnels du développement de l’enfant depuis la période prénatale jusqu’à l’âge de quatre ans. D’autre part, le Centre examinera le milieu dans lequel grandissent les enfants de même que les ressources et les services à la disposition des familles.

Il est possible de consulter le rapport complet sur le site Web du Centre canadien sur l’apprentissage. Lire le rapport complet.

Pour en savoir plus, communiquez avec : Erin Mills
Centre canadien sur l’apprentissage
50, rue O’Connor, bureau 215
Ottawa (Ontario)  K1P 6L2
Téléphone : 613-782-2959          
Télécopieur : 613-782-2956
Adresse de courriel : cquessaier@ccl-cca.ca
Site Web : www.ccl-cca.ca

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