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Projet Capsules santé
Voici un résumé de l’essentiel des propos d’Anne-Marie Gammon interviewée par la FCAF.
FCAF : Anne-Marie, dites-nous comment a commencé le projet Capsules santé?
A.-M.G. : Société Santé en français a demandé à des organismes des propositions d’initiatives visant à améliorer la santé des francophones en milieu minoritaire. Nous avons répondu à l’appel et un comité ad hoc a été mis en place pour bâtir la demande de subvention. À Réseau Communauté en santé – Bathurst, nous avions pris connaissance des résultats d’une enquête de la Régie de la santé du Nouveau-Brunswick. Certaines données de cette enquête nous ont motivés à agir.
FCAF : Vous aviez donc au départ des objectifs précis.
A.-M.G. : Notre objectif est de responsabiliser la population du nord-est de la province à la prise en charge de sa santé individuelle et collective. Bien sûr, nous visons également à informer les gens en leur donnant d’abord des trucs faciles à utiliser, en leur expliquant ce que chaque organisme du milieu offre comme ressource, en les aidant à mieux cerner leurs besoins et à prendre les bonnes décisions afin de satisfaire le mieux possible ces besoins. Il faut mentionner que dans la province, selon l’étude de la Régie, il y a 68,8 p. 100 des adultes qui ont des compétences et des habiletés en lecture inférieures au niveau 3 d’alphabétisation. Et la Régie nous dit, entre autres, qu’au moment de son enquête dans la Péninsule acadienne, 95 p. 100 des personnes qui se trouvaient à ce moment-là à l’urgence de l’hôpital n’auraient pas dû être là et que, dans la région Chaleurs, ce pourcentage était 85 p. 100. De plus, l’enquête révèle que les francophones en milieu minoritaire sont en moins bonne santé que les anglophones.
FCAF : En effet, ce sont des chiffres plutôt renversants. Alors, qu’avez-vous décidé de faire?
A.-M.G. : En collaboration avec Réseau Communauté en santé, qui existe depuis 1991 et qui parraine l’ensemble du projet, nous sommes allés vers la population pour connaître les véritables besoins. Nous avons organisé treize groupes de discussion dans les deux régions et consulté 85 personnes. C’est à partir de toute l’information recueillie que nous avons élaboré les capsules santé. Le concept du projet a été bâti pour répondre aux besoins des gens peu ou pas alphabétisés.
FCAF : Parlez-nous de ces capsules.
A.-M.G. : Nous avons produit 65 capsules santé audio. Elles ont été diffusées par les stations radio locales pendant environ un an. Le manque de financement nous a obligés d’en arrêter la diffusion. Essentiellement, elles sont toutes simples et durent quelques minutes. Elles comprennent toutes une phrase qui explique notre philosophie de base et un truc de santé ou de mieux-être rédigé et livré soit par un professionnel de la santé ou par une personne de la communauté. Nous les assemblons actuellement sur un disque compact qui sera bientôt mis en vente pour quelques dollars.
FCAF : La communauté semble avoir pris part de façon importante à votre projet.
A.-M.G. : Oui, nous voulions au départ que tout le projet soit réalisé par la communauté pour la communauté.
FCAF : Est-ce que les capsules santé vous ont permis d’atteindre tous vos objectifs?
A.-M.G. : Non, nous avons vite compris qu’il fallait utiliser d’autres moyens pour joindre le plus grand nombre de personnes possible. Alors, en partenariat avec Rogers Television, nous avons produit treize émissions de télévision de 30 minutes sur des thèmes reliés à la santé et au mieux-être. Nous avons privilégié trois thèmes : l’activité physique, l’alimentation et le mieux-être, et nous avons fait une émission pour chacun des thèmes. Puis, nous avons créé dix autres émissions : deux émissions pour les 0-5 ans, deux pour les jeunes de 16 à 24 ans, deux pour les aînés, deux pour les proches aidants et enfin deux pour la population en général. À chaque émission, une personne du milieu est invitée soit à livrer un témoignage ou à partager un truc qui l’a aidé à mieux vivre. La diffusion de ces émissions continue sur certains réseaux de la province.
FCAF : Le projet est jeune, il existe depuis à peine 18 mois et il continue d’évoluer. Il y a d’abord eu les capsules santé audio, les émissions de télévision et quoi encore?
A.-M.G. : À partir de l’idée des capsules, nous avons élaboré le projet des cahiers santé. Un consultant en communication, Charles Thériault, nous a aidés à mettre le concept en marche. Nous publions maintenant toutes les deux semaines 23 000 copies d’un cahier santé de 20 pages rédigé en langage clair. Au cours des premières étapes du projet, nous avions déterminé cinq segments de la population à risque que nous voulions joindre de façon plus particulière, parce que chacun a un ou des besoins particuliers. Nous avons pensé qu’il fallait redonner confiance aux parents qui ont parfois peur de perdre leur enfant parce qu’ils ne se font pas assez confiance pour en prendre soin. Puis, nous avons informé et rassuré les jeunes de 16 à 24 ans qui, souvent, sont gênés de demander de l’aide s’ils ont contracté une MTS. Enfin, nous essayons de rassurer les personnes âgées qui ont peur d’être placées si l’on découvre qu’elles ne prennent pas assez bien soin d’elles.
FCAF : Que contiennent ces cahiers?
A.-M.G. : On retrouve dans chaque numéro des trucs, des articles de fond, des témoignages et de l’information sur les services et les ressources de deux organismes communautaires. On y parle toujours d’alimentation et l’on donne trois recettes simples et économiques. Par exemple, dans un numéro à l’intention des parents de jeunes enfants, les articles portent sur le comportement et la capacité d’un enfant à s’adapter aux changements. Les trucs illustrent une façon de faire avec les peurs d’un enfant, l’heure du dodo. La majorité des copies sont distribuées gratuitement avec le journal L’Acadie nouvelle.
FCAF : Jusqu’à maintenant, avez-vous une idée de l’impact du projet?
A.-M.G. : Après 12 mois, nous avons fait un sondage qui a démontré un haut degré d’écoute des capsules, de visionnement des émissions et de lecture des cahiers santé. Sur la rue, dans les commerces, partout, les gens m’abordent et m’en parlent. C’est très encourageant.
FCAF : Pourrez-vous, éventuellement, faire une évaluation globale du projet et peut-être prouver que l’éducation en santé peut contribuer à désengorger un peu les salles d’urgence?
A.-M.G. : Oui, nous ferons une évaluation plus complète du projet, mais nous n’en sommes pas encore rendus là.
FACF : Quels ont été vos principaux partenaires financiers pour mener à bien cette belle aventure?
A.-M. G. : Nous avons profité du soutien financier de Santé Canada par l’intermédiaire de la Société Santé en français. Nous avons eu plusieurs autres partenaires : la Régie de la santé Acadie-Bathurst, la Ville de Bathurst, le Nursing paroissial, la Fédération d’alphabétisation du Nouveau-Brunswick, l’Université de Moncton et le gouvernement du Nouveau-Brunswick.
FCAF : Et quelles sont les prochaines étapes?
A.-M.G. : Nous avons l’intention maintenant d’étendre le projet à toute la population. Nous voulons faire la promotion de notre matériel partout au Canada. Nous sommes maintenant inscrits sur le portail Village Santé, qui fait partie de la Communauté ingénieuse de la Péninsule acadienne. Nous travaillons également à élaborer le site Web du projet : www.capsulessante.ca sur lequel se retrouveront les capsules audio et les cahiers santé.
FCAF : Où les personnes qui désirent en savoir plus doivent-elles s’adresser?
M.-A.G. : On peut s’adresser directement à moi, car je coordonne le projet Capsules santé :
Anne-Marie Gammon, coordonnatrice
Projet Capsules santé
Réseau Communauté en santé – Bathurst
209, rue Main
Bathurst (Nouveau-Brunswick)
E2A 1A9
Téléphone : 506-548-9496
Télécopieur : 506-545-7470
Courriel : rcsbathurst@nb.aibn.com
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