Résumé de l’entrevue de la FCAF avec Fatoumata Soly, responsable de l’alphabétisation à l’Association pour la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme, et Mor Diakhate, agent de liaison du Réseau international et solidaire d’opérateurs et acteurs de l’alphabétisation (RISOA).
FCAF – Fatoumata et Mor, parlez-nous brièvement de vos organismes respectifs.
Fatoumata – L’Association pour la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme existe depuis 2003. Ses activités se concentrent surtout dans la banlieue de Dakar et s’adressent aux femmes. Elles y viennent pour améliorer leurs compétences et leurs capacités. Elles apprennent d’abord à mieux gérer leur quotidien, à développer et à partager leur savoir-être et leur savoir-faire. Elles abordent ensuite la lecture, l’écriture et le calcul. L’objectif de l’Association est de les rendre plus autonomes pour qu’elles puissent agir plus librement et améliorer leur qualité de vie et ainsi influencer le développement de leur communauté.
Mor – Le Réseau international et solidaire des opérateurs et acteurs de l’alphabétisation a été mis en place en 2003. Il regroupe des intervenants dans quelques pays francophones d’Afrique et d’Europe et au Canada. Ses actions visent avant tout à promouvoir les bonnes pratiques en alphabétisation et à partager une vision commune sur l’alphabétisation comme agent de changement social.
FCAF – Quels sont les plus grands défis que doivent relever vos organismes?
Fatoumata – Un de nos défis est de savoir comment répondre de manière satisfaisante à la demande en alphabétisation des communautés de base. Nous voulons que nos actions en alphabétisation amènent la communauté vers un changement social de qualité. Le financement de nos programmes est aussi un défi de taille. En janvier dernier, nous avons suspendu toutes nos activités par manque de financement; c’est toujours ce qui nous fait défaut. Les femmes sont en attente, elles sont motivées et on ne peut pas les aider.
Mor – Au Réseau aussi le financement manque. Au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, le budget alloué à l’alphabétisation représente moins d’un pour cent du budget national. Nous avons besoin de renforcer les capacités et les compétences des membres du Réseau. Sans argent on ne peut pas leur donner de formation, encore moins faire de la recherche ni publier les résultats des recherches que font les membres sur le terrain.
FCAF – Qu’êtes-vous venu chercher au Canada pour chacun de vos organismes?
Fatoumata – En novembre 2005, le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ), un partenaire du CECI, est venu nous visiter afin de constater comment on s’y prend, quelles sont nos méthodes. Cette année, le RGPAQ nous a invités à venir présenter notre approche aux groupes d’ici. Nous sommes toujours à la recherche de pratiques exemplaires à rapporter chez nous. Nous avons visité plusieurs groupes d’alphabétisation et d’économie sociale de la région de Québec. Nous avons visité le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF).
Mor – Je suis à la recherche d’outils de gestion de projet, de formation en communication, en administration pour améliorer le fonctionnement du Réseau. Je recherche aussi de nouveaux partenaires. Je profite de l’occasion pour lancer un appel aux personnes qui voudraient se porter volontaires. Elles peuvent tout simplement consulter le site du Programme de coopération internationale Uniterra, organisme qui coordonne nos projets; elles y trouveront toute l’information nécessaire.
FCAF – Est-ce que vous offrez des activités d’alphabétisation familiale aux femmes?
Fatoumata – Non, nous devons consolider ce que nous offrons maintenant avant de penser à l’alphabétisation familiale. Notre passage au Canada nous permet de recueillir de l’information sur cette approche. Éventuellement, cela fera partie de nos projets. L’alphabétisation familiale nous donnera l’occasion de travailler la relation mère-enfant.
FCAF – Que rapporterez-vous dans vos bagages en quittant le Canada?
Fatoumata – Des idées, plein d’idées et beaucoup de documents très riches, par exemple pour équiper nos groupes en informatique et pour implanter une bibliothèque virtuelle, de l’information pour aider à gérer les dossiers et à faire le suivi, des modèles de comptabilité et beaucoup plus encore…
Mor – Je suis content de repartir avec des outils qui vont aider à mieux structurer le Réseau, à clarifier les rôles, à planifier la recherche et à faciliter le démarchage pour le financement.
FCAF – Et la suite, de retour au Sénégal?
Fatoumata – Des projets à mettre en branle et, surtout, la recherche de financement et de nouveaux partenaires
Mor – Nous aurons beaucoup de travail à faire pour adapter les outils que nous rapportons.
FCAF – Mor, dites-nous quelques mots au sujet d’Uniterra.
Mor – Uniterra est un programme de coopération volontaire. C’est une initiative du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Uniterra est financé par l’ACDI. Son objectif consiste à agir contre la pauvreté par la coopération, l’éducation et l’influence.
FCAF – La Fédération est fière d’être partenaire d’Uniterra et d’agir en collaboration avec trois pays d’Afrique, dont le vôtre. Merci à vous deux.
Pour en savoir plus ou pour vous porter volontaire, visitez les sites suivants :
Uniterra : www.uniterra.org/uniterra/fr/index.html
Le CECI : www.ceci.ca/ceci/fr/
Le EUMC : www.wusc.ca/welcome/français/
Le Réseau international solidaire d’opérateurs et acteurs de l’alphabétisation : www.risoa.net
Pour en savoir plus sur le rôle de la FCAF comme partenaire d’Uniterra, communiquez avec Gaétan Cousineau, directeur général au 1-800-906-5666 poste 228.
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