Ottawa, le 9 février 2007. - Richard Miller ne savait pas lire et écrire. Un jour qu’il était seul à la maison, son fils de onze ans rentre avec une blessure grave à un doigt. Il était dépourvu : il était incapable de lire les étiquettes sur les boîtes et les bouteilles dans la pharmacie, ou de consulter un guide de premiers soins. Heureusement, un voisin, qui avait entendu parler de l’incident concernant son fils, s’est présenté et est intervenu pour l’aider. Le soir même, il a avoué sa condition à son épouse. Et il a pris la décision d’apprendre à lire et à écrire.
C’est souvent un événement-choc, un accident de travail, la perte d’un emploi, un divorce, qui provoque la personne qui ne sait pas bien lire ou écrire à faire le premier pas. La plupart de ces personnes conseilleront à tous les adultes qui devraient le faire à agir avant qu’il ne soit trop tard.
Hier, le 8 février, Richard Miller était l’un de quatre adultes qui ont raconté leur histoire personnelle aux membres du Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie du Sénat du Canada. Ce comité examine présentement l’état des programmes d’alphabétisation au Canada.
Les personnes qui ont de la difficulté à lire ou à écrire le cachent très bien, même à leurs proches. Lorsqu’on réussit à les faire témoigner, elles vous parlent d’une vie de honte, de mensonges, de la peur de se faire découvrir. Elles renoncent à accepter une promotion de peur de se faire découvrir. Elles signent des contrats sans prendre connaissance de ce à quoi ils s’engagent. Elles hésitent à voyager de peur de se perdre, faute de savoir lire les panneaux de circulation. Lorsqu’elles ont appris à lire, elles parlent de libération, comme si elles sortaient de prison.
Dans bien des cas, c’est grâce à l’intervention patiente et délicate d’une personne qui les connaît bien que ces personnes se décident à prendre la décision de s’en sortir. Cela prend du courage et exige beaucoup d’encouragement et du soutien.
En cette Saint-Valentin, faites un cadeau à une personne qui vous est chère. Si vous connaissez une personne qui a de la difficulté à lire, encouragez-la à s’en sortir. Suggérez-lui de prendre l’exemple de Linda Poulin, de Montréal. Son mari l’avait invitée au restaurant pour la Saint-Valentin. À la grande surprise de celui-ci, elle avait pris le menu et l’avait lu elle-même. « C’est ton cadeau de la Saint-Valentin », lui avait-elle expliqué.
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