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La salle de presse
Foire aux questions

Plus de la moitié des adultes canadiens ont de la difficulté à lire et à compter!

Une enquête de Statistique Canada nous apprend que 9 millions d’adultes canadiens en âge de travailler (entre 16 et 65 ans) ont de la difficulté à lire et à compter. Cela représente deux adultes canadiens sur cinq, soit 42 % de la population active.

Lorsqu'on ajoute les personnes de plus de 65 ans, ce nombre augmente à 12 millions, soit 48 % de toute la population adulte du Canada.

Selon les spécialistes, ces personnes n’ont pas les compétences nécessaires pour répondre aux exigences d'une une société aussi complexe que la nôtre. Cette enquête, l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) a été menée dans six pays en 2003. Les résultats canadiens de cette enquête ont été rendus publics en 2005.

Est-ce que cela veut dire que la moitié des adultes canadiens sont analphabètes ?

Non. Cela ne veut pas dire que ces personnes ne savent pas lire. Ces personnes peuvent lire un peu mais seulement des textes très simples, écrits très clairement. Elles ont souvent de la difficulté à comprendre et à utiliser l’information contenue dans un texte. Par exemple, elles peuvent avoir de la difficulté à comprendre les instructions pour prendre un médicament ou encore les lettres aux parents envoyées par les écoles.

Est-ce que les résultats sont les mêmes partout au Canada ?

Non. Les résidents de l’Île du Prince Édouard, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest ont obtenu des résultats équivalents à la moyenne nationale. On a enregistré les taux les plus faibles à Terre-Neuve-et-Labrador, au Nouveau-Brunswick et au Nunavut. Quant aux résidents du Québec, ils ont obtenu des résultats semblables à la moyenne nationale dans certains domaines et sous la moyenne nationale dans d’autres.

Est-ce qu’il y a une différence entre les francophones et les anglophones au Canada ?

Oui. L’Enquête constate que le niveau moyen d’alphabétisme des francophones au Canada est inférieur à celui de la population anglophone, même au Québec. Le niveau d’alphabétisme des francophones vivant dans les provinces où ils sont en minorité est plus faible que celui des anglophones des mêmes provinces, même pour ceux dont le niveau de scolarité est équivalent.
  • Cinquante-six pour cent (56%) de la population de langue maternelle française a de la difficulté à comprendre ce qu'elle lit, comparé à 39% de la population de langue maternelle anglaise.

Le Canada est-il le seul pays où on retrouve autant de personnes qui ont de la difficulté à lire ?

  • Statistique Canada a participé à une enquête internationale qui a mesuré les niveaux d’alphabétisme dans sept pays : le Canada, la Norvège, les Bermudes, les États-Unis, la Suisse, l’Italie et l’État mexicain du Nuevo Léon (à la frontière du Texas).   
  • Le Canada se classe à peu près au centre de la distribution parmi les pays qui ont participé à l’enquête. Les Canadiens sont au troisième rang pour la compréhension des textes suivis (par exemple, un article de journal), la numératie (par exemple, faire des calculs) et la résolution de problème. Ils occupent la deuxième place pour la compréhension des textes schématiques (par exemple, un horaire d’autobus).

Est-ce que Statistique Canada a mené des enquêtes semblables dans le passé ? Est-ce qu'on a pu constaté des progrès par rapport aux années passées ?

  • Non, les résultats de l’enquête de 2003 sont à peu près les mêmes que ceux d'une enquête semblable, qui a été menée en 1994..

Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas eu de progrès depuis 1994 ?

  • La scolarisation accrue des jeunes générations a contribué à améliorer la situation générale. Toutefois, on n'a pas tenu compte d'autres facteurs qui annulent les effets d'une meilleure scolarisation chez les plus jeunes.
  • Les personnes qui lisent peu, ou qui ne lisent pas, perdent leurs compétences en lecture et en écriture. Le taux moyen d'alphabétisme est le plus élevé parmi les personnes dans la vingtaine, peu après avoir terminé les études secondaires ou collégiales. L'EIACA a démontré que le niveau moyen d'alphabétisme diminue de façon significative avec l'âge.
  • Beaucoup d'emplois n'exigent pas de pratiquer la lecture ou l'écriture sur une base régulière. L'EIACA démontre que le taux d'alphabétisme est le plus faible dans le secteur des industries primaires ainsi que dans la catégorie professionnelle des travailleurs non spécialisés.
  • Les immigrants dont la langue maternelle n'est pas l'anglais ou le français affichent des taux d'alphabétisme plus faibles. L'arrivée de nombreux immigrants au cours de ces dix années est un autre facteur qui contribue à ralentir le progrès.
  • Les personnes qui se retrouvent dans cette situation cachent très bien leur situation. Elles craignent qu'on découvre leur secret, et elles ne savent pas comment s'y prendre pour améliorer leur situation. Les personnes qui savent bien lire et écrire ne se rendent pas compte qu'il y a des millions de personnes qui réussissent à se tirer d'affaire sans que cela ne paraisse trop. Il n'y a donc pas de pression social pour corriger ce problème.
  • Ce n'est pas une priorité pour nos gouvernements, tant au niveau fédéral que provincial. Les gouvernements n’ont pas accordé les ressources nécessaires pour s'attaquer au problème.

Si une personne comme Jacques Demers a bien réussi dans la vie, pourquoi est-ce si important de savoir lire ?

  • Jacques Demers est une exception. La grande majorité des personnes qui ne savent pas lire ne sont pas des millionnaires.
  • Les personnes qui sont faiblement alphabétisées ont, en général, plus de difficulté à trouver et à conserver un emploi et, quand elles sont employées, elles sont moins bien rémunérées. Si elles perdent leur emploi, suite à une fermeture d’usine par exemple, elles auront plus de difficulté à se retrouver un autre emploi.
  • L’Enquête de Statistique Canada indique également que les personnes faiblement alphabétisées considèrent qu'elles ont plus de problèmes de santé. Ces personnes participent beaucoup moins à la vie sociale dans leur communauté.

Qu’est-ce qu’on peut faire pour changer la situation ?

  • Il est illusoire de penser que l'individu seul peut s'en sortir.
  • Les réponses ne sont pas simples. Mais les résultats soulignent l’importance d’élaborer une stratégie et un plan d’action à long terme. Autrement dit, il faut passer à l’action maintenant. On pense qu’il faudra au moins dix ans pour voir des changements.
  • Les organismes qui travaillent dans le domaine de l’alphabétisation ont proposé d'adopter des stratégies pour rehausser le niveau moyen d'alphabétisme de l'ensemble de la population canadienne.

Qu’est-ce que les organismes nationaux d'alphabétisation recommandent exactement ?

  • Le gouvernement fédéral devrait élaborer une Stratégie pancanadienne d’alphabétisation avec des objectifs mesurables et réalisables.
  • Le gouvernement fédéral devrait négocier des accords avec chaque province et territoire, avec un financement stable sur plusieurs années. Ces accords devraient favoriser les activités au niveau local. Ils devraient favoriser l’alphabétisation dans les familles, les communautés et les milieux de travail.
  • Le gouvernement fédéral devrait favoriser les communications claires avec le public.

Pourquoi dépenser plus d’argent dans des programmes d’alphabétisation ?

  • Ne pas agir coûtera encore plus cher. Un faible taux d’alphabétisme entraîne des coûts considérables pour toute la société : accidents de travail, perte de productivité, chômage, aide sociale.
  • À titre d’exemple, une étude de la American Medical Association indique que les coûts en soins de santé sont quatre fois plus élevés pour une personne sous-alphabétisée (Voir le Rapport du Comité permanent du Développement des Ressources humaines et de la condition des personnes handicapées de la Chambre des communes, Accroître l'alphabétisation des adultes : la nécessité d'une action pancanadienne, Juin 2003, page 15), .